Merci de vous connecter ou de vous inscrire.

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Recherche avancée  

Nouvelles:

Les nouveaux Forums de Radio Ici&Maintenant !




Loading

Auteur Sujet: Interview de Gore Vidal  (Lu 1015 fois)

0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

dificultnspa

  • Administrateur
  • *******
  • Hors ligne Hors ligne
  • Messages: 4285
Interview de Gore Vidal
« le: 22 Mai 2008 à 14:07:56 »

http://www.legrandsoir.info/spip.php?article6670

Citer
20 mai 2008

Interview de Gore Vidal : « Il ne faut pas oublier que c’est un peuple qui n’a pas de culture et qui n’en a jamais eue. »

La présidence de Bush, l’Histoire et « les Etats-Unis d’Amnésie »

VIDAL Gore
 

AMY GOODMAN : avec plus de 60 ans de carrière, Gore Vidal est l’un des penseurs et écrivains des Etats-Unis les plus respectés. Il est l’auteur de plus de vingt romans et cinq pièces de théâtre. Parmi ses ouvrages récents, Dreaming War (Rêver la guerre), Perpetual War for Perpetual Peace (la guerre perpétuelle pour une paix perpétuelle), et Imperial America : Reflections on the United States of Amnesia (l’Amérique impériale : réflexions sur les Etats-Unis d’Amnésie). Sa dernière œuvre est Point to Point Navigation.

[Interview réalisée au festival du livre du Los Angeles Times. La première question a porté sur l’année électorale en cours et sur la présidence de George W . Bush ]

Interview de Gore Vidal par Democracy Now !

RETRANSCIPTION

GORE VIDAL : Son mandat n’est pas encore terminé. Il peut encore faire sauter la planète. Tout indique qu’il pense encore sérieusement à attaquer l’Iran. « Les généraux indiquent que l’Iran sont un grand danger et leurs armes servent à tuer des Américains »

Je crois que les Bushistes pensent, à raison, que les américains sont des idiots. C’est vrai qu’ils ne comprennent rien à rien. Il y a deux bonnes raisons à cela, le système éducatif pour le peuple, disons pour ceux qui n’ont pas de gros moyens, est un des pires de tout le monde occidental. C’est terrible. A la fin, ils ne connaissent rien de l’Histoire, encore moins l’histoire des Etats-Unis. Je n’avais pas l’intention de passer ma vie à écrire sur l’histoire des Etats-Unis, qui aurait dû être enseigné à l’école, mais je ne voyais pas d’autre alternative que de m’y atteler moi-même. Il y a plein de choses plus agréables que j’aurai aimé faire que d’analyser George Washington ou Aaron Burr. Mais c’était mon devoir, alors je l’ai fait.

AG : Vous avez écrit "les Etats-Unis d’Amnésie". Pourquoi ?

GV : C’est un bon titre. Il ne faut pas oublier que c’est un peuple qui n’a pas de culture et qui n’en a jamais eue. J’ai été publié pour la première fois à 19 ans et j’ai eu mon premier best-seller à l’âge de 21, 22 ans. Je pensais à l’époque que lorsque je serai vieux, ce pays serait bien meilleur, pas parce que j’y étais mais parce que j’allais y contribuer. Puis j’ai vu comment le New York Times contrôlait étroitement le petit monde de l’édition New-Yorkaise, où on se publiait les uns les autres. Le résultat ne fut pas très bon.

Alors nous voici, coupés de l’Europe, surtout depuis la Deuxième Guerre Mondiale. La période de l’après guerre était plutôt intéressante, parce que nous étions nombreux à voyager à l’étranger et y vivre un certain temps et nous finissions par comprendre d’autres cultures. Je connais de nombreux cas, comme Jimmy Baldwin, qui est devenu français. C’est étonnant. Il avait un accent étonnant et l’esprit vif.

AG : vous l’avez connu ?

GV : oui, très bien.

AG : quels sont vos souvenirs ?

GV : Il avait deux voix. Une qui sonnait exactement comme celle de Bette Davis en train de souffrir dans un de ses films. Et l’autre était de genre « Appelez moi Ishmael » - la voix du prophète. Il était contradictoire.

AG : pour vous, que signifie « amnésie » ?

GV : sa signification littérale : ceux qui n’ont pas de mémoire.

AG : comment la combattre aux Etats-Unis ?

GV : On ne peut pas, elle a gagné. Je ne vois pas comment on peut la combattre. Le gens oublieraient de la combattre.

AG : Dans Point to Point Navigation, vous écrivez « je suis né le 3 octobre 1925, le jour du 25ème anniversaire de Thomas Wolfe, le romancier, pas le journaliste. J’ai vécu les trois quarts du vingtième siècle et le tiers de l’histoire des Etats-Unis d’Amérique. »

GV : je ne comptais pas sur eux pour comprendre le sens du mot « amnésie ».

AG : Vous avez écrit deux livres sur l’administration Bush. Perpetual War for Perpetual Peace et Dreaming War. Pourquoi ?

GV : Le principal livre de l’époque, c’est Perpetual War for Perpetual Peace. C’était la politique étrangère de l’administration Bush : la guerre sans fin. C’était aussi le rêve de Harry Truman. C’est lui qui a déclenché la Guerre Froide. Si un minimum d’histoire avait été enseignée aux Américains, ils connaîtraient tout ça. Et ne croyez pas que cela me fait plaisir d’être celui qui est chargé de le leur apprendre.

AG : Et l’autre livre, "Dreaming War" ?

GV : Même chose. Ils rêvaient de guerre. On voit bien que le petit Bush rêvait de guerre depuis le début, comme Cheney rêvait de pétrole et de tabasser un pays comme l’Irak qui devra rembourser les dégâts avec son propre pétrole. Rien que pour ça, ils méritent de passer devant un peloton d’exécution.

AG : vous croyez à la peine de mort ?

GV : Non. Mais pour eux, oui.

AG : Nous en sommes à la sixième année de guerre en Irak, c’est plus long que l’engagement des Etats-Unis dans la Deuxième Guerre mondiale.

GV : Oui, c’est incroyable. C’était une opération gigantesque sur deux grands continents contre deux ennemis modernes. Maintenant nous menons des petites guerres de jungle sans raison, juste parce que nous avons un président qui ne connait rien à rien. Il est vide. Mais il veut frimer. « Je suis un président en temps de guerre ! Je suis un président en temps de guerre ! ». Il n’arrêt pas de radoter, bla, bla, bla. On dirait un terrier fou. Et regardez où tout cela nous a mené.

Je crois que j’ai toujours eu une bonne analyse de mon pays, mais je ne pensais pas que le système pouvait être si facilement renversé, parce que le 11 septembre fût un coup d’état. A partir de là, tout est parti en vrille. Et lorsque nous nous sommes débarrassés – lorsqu’ILS se sont débarrassés du Magna Carta, j’ai pensé, eh bien, finalement, nous n’avions jamais été réellement dans une république.

AG : que voulez-vous dire, par Magna Carta ?

GV : Vous savez ce que cela signifie, non ?

AG : expliquez-moi.

GV : Dites-le à vos lecteurs, à vos auditeurs. C’est le socle de la loi. De là vient toute la théorie, la pratique sur lesquels est basée notre système judiciaire. C’est l’état de droit. A cause de ce droit constitutionnel, on ne peut pas priver quelqu’un de sa vie, de sa liberté, de sa recherche du bonheur. C’est gravé dans l’inconscient de chaque américain, en tout cas il l’était dans le mien. J’ai été élevé par mon grand-père à Washington et il n’y avait pratiquement pas un jour qui passait sans qu’il ne parle de l’état de droit. Il était devenu aveugle à l’age de dix ans.

AG : Qui était votre grand-père ?

GV : Le sénateur Thomas Pryor Gore. Une famille du Mississipi. Son père s’était engagé dans la Guerre de Sécession. Les Gore venaient du Mississipi mais n’étaient pas sécessionnistes. Ils se considéraient comme des patriotes. Et toute la famille était contre la guerre, mais parce que leurs amis et voisins y étaient favorables et parce que c’était une question d’honneur, pas mal sont allés se faire tuer.

AG : Votre grand-père était sénateur de l’Oklahoma ?

GV : Il fut le premier sénateur de l’Oklahoma, élu en 1907.

AG : Vous êtes cousin d’un autre Gore : Al Gore.

GV : Exact.

AG : Quelle est votre analyse de l’année 2000 ? (année de la première élection de Bush contre Gore – NDT)

GV : L’élection lui fût volée. Je ne le connais pas. Je ne le vois jamais. Mais au sein de la famille, j’ai entendu que ce fut un grand choc pour lui. Il avait tout fait comme il faut dans la vie. C’était un enfant modèle et il vénérait la Cour Suprême et respectait la loi, l’état de droit et tout ça. Puis la Cour Suprême l’a poignardé dans le dos, parce qu’il y a de nombreux truands là-bas dedans. Je regardais Dred Scalia l’autre jour à la télévision. Vous l’avez vu ?

AG : Non

GV : Eh bien il disait « Faites vous une raison ! Oubliez tout ça ! » Il s’adressait aux progressistes, et vous savez combien ils sont terribles. En 2000, la Cour s’est immiscée dans une élection, ce qui était une grande première. Ca ne fait pas partie de leurs prérogatives. Ils ne sont même pas censés arbitrer de telles affaires. Ils ont juste fait quelque chose qui ne les regardait pas. Et l’autre ricanait « Oubliez tout ça ! ». Ca m’a fait penser à l’Italie vous savez, le genre de type qui sévit à Naples.

AG : Vous y avez vécu de nombreuses années.

GV : Oui.

AG : Que voulez-vous dire, Gore Vidal, lorsque vous dites que le 11 septembre fut un coup d’état ?

GV : Que ce fut un coup d’état. Lorsque Timothy McVeigh décida de faire sauter l’immeuble du FBI à Oklahoma City – il a commencé à m’envoyer des lettres et je lui répondais, c’est un garçon intelligent, qui s’intéresse beaucoup au Droit, qui aurait été un bon avocat en droit constitutionnel, et c’était aussi un patriote. Un soldat de métier. Mais il fut décrit comme un monstre, qui d’autre, sinon, pouvait faire sauter des enfants ? Mais il ne savait pas qu’il faisait sauter des enfants. Il avait agit sous le coup de la colère après les événements de Waco, le jour où toute une communauté religieuse fût incendiée par l’armée. En tant que soldat, il s’est dit que la seule chose qui sépare notre pays d’une république militarisée, ce n’est pas seulement l’état de droit, mais c’est aussi la loi Posse Comitatus de 1875 qui interdit à l’armée d’agir contre les citoyens des Etats-Unis. Ce qui ne les a pas empêchés d’intervenir et bang ! ils ont incendié toute la place et brûlé plus de femmes et d’enfants que M. Mc Veigh n’en a jamais brûlé.

C’est arrivé sous Janet Reno qui était ministre de la Justice à l’époque, sous la présidence de Bill Clinton, une présidence médiocre. Ils ont adopté quelques lois sous le coup de la panique parce qu’ils pensaient, non sans raisons, qu’il existait un groupe de personnes, dont de nombreux ex-soldats, qui étaient prêts à renverser le gouvernement. Ils étaient antisémites, anti tout ce que vous voulez. Ils étaient en rébellion contre ce pays.

J’ai écrit sur ce sujet, en termes alarmantes. J’ai même écrit à M. Mueller, qui était le nouveau directeur du FBI. Et j’ai vu qu’il n’allait pas réagir. Ils ont fait toutes ces interviews de ces types qui vivaient dans les bois autour de Fort Hood. J’ai dit « il va y avoir du grabuge un jour et vous ne faites rien. Et pourtant vous passez votre temps à inventer des choses sur Mc Veigh ». Ils ont essayé de le faire passer pour un fou, et tout ça. Il avait reçu une médaille, je crois que c’était la Silver Star.

AG : Pendant la Guerre du Golfe.

GV : C’est ça. C’est de là que vient l’idée du coup d’état. Ils ont vu là une opportunité. Ils – Cheney, Bush – voulaient la guerre. Leur truc à eux, c’est le pétrole. Ils veulent la guerre pour avoir plus de pétrole. Ils sont aussi extraordinairement stupides. Ils ne savent rien. Mais ils ont toute une série de mesures prévues. Je crois qu’une de ces mesures est d’enfermer tous les gens de couleur aux Etats-Unis afin de nous protéger de l’ennemi intérieur. C’était maléfique. Alors ils ont laissé tomber. Je crois que M. Gonzales (ministre de la justice - NDT) était déjà en poste à l’époque. Puis il y eut le coup d’état. Ils se sont emparés de l’état. Et à partir de ce moment, ils ont nommé tous les juges, faisant ceci ou cela, ils se sont débarrassés de Magna Carta et ils ont démoli la république.

AG : Le rôle de la torture ?

GV : Oh, tout était déjà prévu. Le Patriot Act n’est que l’enfant illégitime de Clinton, dans le même esprit que « il faut vraiment faire quelque chose contre ces sauvages qui vivent dans le Montana ».

(…)

AG : Comment en sommes nous arrivés à être si détestés ?

GV : Il y a de nombreux traits méprisables chez les Américains que le reste du monde n’aime pas. Une vantardise constante - alors qu’il n’y a pas de quoi se vanter - ça finit par taper sur les nerfs. Et cette idée que, d’une manière ou d’une autre, le monde nous appartient et que tout le monde doit nous obéir, ça déplait aussi. Ca peut paraître étrange, mais ça déplait. Il n’y a jamais eu un peuple aussi mal placé pour dominer le monde que les Américains du 20eme et 21eme siècle.

Henry James en parlait très bien. A l’époque de la guerre Hispano-américaine, il était violemment contre la guerre et il y voyait le début de l’impérialisme. Lui-même n’était pas un impérialiste. Et il dit, « Vous savez, là où l’empire civilisa les britanniques, l’empire nous corrompra encore plus et étendra le règne de Tammany Hall (organisation du Parti Démocrate, de 1790 aux années 60, dont l’objectif était la prise de pouvoir et le contrôle de la politique via différents groupes de pression - NDT) à tous les recoins de la terre. »

AG : vous croyez que nous allons nous en sortir ?

GV : Pas dans l’immédiat. Bush a tout organisé pour faire trainer les choses sur une longue période. Personne ne s’est posé la question de savoir si Petraeus était un bon général. On l’a grassement promu, mais ça c’est typique de la part d’un président ignare qui voudrait que le général fasse quelque chose qui risque de le heurter. « Général, en échange, je vais vous donner quatre étoiles » C’est comme ça que ça marche.

AG : Pensez-vous que l’Irak a sauvé l’Amérique latine ? Nous voyons de grands changements en Amérique latine.

GV : Moi, je suis un fan de Chavez. Il est certainement l’homme qu’il fallait au Venezuela, et d’une certaine manière il prolonge les réformes de Fidel Castro. Je connais trop bien les média pour avaler la plupart des informations qu’on peut lire sur Castro. « Il met des gens en prison ! » Bon, ouais, beaucoup de riches ont perdu leurs fortunes, et ils sont très fâchés, alors ils exagèrent ses crimes. Mais Abu Ghraib, c’était pas lui, c’était nous. Parce que nous luttions pour la démocratie partout.

Ce président est un neu-neu – il n’a même pas réussi à entrer à Swarthmore, son cerveau ne faisait pas l’affaire. Il n’y a pas d’information dans son crâne. Le prendre au sérieux est la plus grande insulte que l’on puisse faire au peuple américain. Il n’aurait jamais du devenir président. C’est fascinant. Vous vous souvenez lorsque son père s’est mis à pleurer à la television ?

AG : oui

GV : Eh bien, c’était par sentiment de culpabilité. L’intention de cette famille pas très royale était de faire élire Jeb, gouverneur de la Floride à l’époque. Mais W. s’est glissé dans la course. Jeb aurait été facilement élu. Il est intelligent et constitue une fierté pour la famille Bush. Puis l’autre – le prince noir – s’est détaché du troupeau pour tenter sa chance et il a réussi. C’est la raison pour laquelle son père a pleuré. Cette collision fût Shakespearienne, et la réaction du vieux un moment historique. Je n’avais jamais vu un adulte perdre autant son contrôle, quelqu’un qui avait l’habitude de la télévision. Il était là, et personne n’arrivait à l’arrêter, en train de chanter les louanges de Jeb pour toutes ses qualités. Ce faisant, ironiquement, il s’est souvenu que c’était Jeb qui aurait du être président. Espérons qu’un de mes successeurs écrira un jour une pièce là-dessus.

AG : l’écrirez vous ?

GV : Non, c’est pas un sujet pour moi.

AG : Ecrirez-vous autre chose sur Bush ?

GV : Bien sûr que non. J’en ai déjà trop écrit. C’est un non-sujet.

AG : Un espoir ?

GV : Quel espoir ?

AG : C’est ma question. Avez-vous un espoir ?

GV : Non, pas beaucoup. Vous savez, Benjamin Franklin, pendant l’adoption de la Constitution de 1789 à Philadelphie, était en train de quitter la salle et les auteurs de la Constitution l’avaient prévenu, parce qu’ils savaient qu’il avait la langue bien pendue et n’était pas un admirateur de leur travail. Lui, il pensait qu’ils étaient naïfs. Il pensait qu’ils avaient raté le plus important. Il avait lu Aristote qui explique comment toutes les républiques s’effondrent. Il était donc en train de quitter la salle lorsqu’une vieille dame qu’il connaissait lui dit « Eh bien, messieurs, qu’est-ce que vous nous offrez ? ». Il répondit, « Nous vous offrons une république, si vous êtes capables de la garder ».

Il y avait trois ou quatre hommes qui avaient été désignés pour le suivre partout et s’assurer qu’il ne raconte pas de choses trop embarrassantes. Mais lui il racontait partout ce qu’il avait envie de raconter. Alors ces hommes se sont approchés de lui et lui ont demandé « Pourquoi êtes-vous si pessimiste au sujet de cette Constitution ? C’est le meilleur travail fait par les meilleurs hommes de ce pays. Pourquoi êtes-vous si sceptique ? ». Il dit, « Eh bien, Aristote, ou plutôt l’histoire, nous montre que chaque république de cette nature échoue à cause de la corruption des gens. » Puis il est parti.

AG : Et que pensez-vous va arriver maintenant ?

GV : C’est déjà arrivé. Nous sommes ruinés. Vous avez vu à la télévision comment ils commencent à réaliser que nous manquons de nourriture ? Je n’avais jamais vu ça.

AG : Vous pensez que ça peut être réparé ?

GV : Un crash ferait l’affaire, mais c’est plutôt radical.

AG : Avez-vous connu Eleanor Roosevelt ?

GV : Trés bien.

AG : Vous pouvez nous en parler ?

GV : Que voulez-vous savoir ?

AG : Dites-nous comment elle était. En quoi croyait-elle ? Quelle influence avait-elle sur (son mari, le président) Franklin Roosevelt ? Quelle était leur relation ?

GV : Leur relation était conflictuelle. Ils ne s’aimaient pas beaucoup. Elle l’admirait, mais lui ne l’admirait pas, ce qui était idiot. Elle était beaucoup plus intelligente que lui.

AG : Comment l’avez-vous rencontrée ?

GV : J’ai vécu pendant des années Dutchess County. Je m’y suis présenté aux élections au Congrés. C’est elle qui a lancé ma campagne. J’ai raté l’élection de 20 pourcent des voix, je crois. Et nous sommes devenus amis pendant la campagne. C’était en 1960, au même moment où son mari se présentait aux élections présidentielles. Elle était pour son concurrent (au sein du parti démocrate) Adlai Stevenson et moi j’étais délégué à la convention qui choisit Kennedy. Elle ne m’en a pas voulu. (…)

AG : Quelles étaient ses valeurs ? Que défendait-elle ?

GV : Ses valeurs étaient plus humaines qu’américaines. Lorsqu’elle est arrivée à la Maison Blanche elle parlant six ou sept langues. Roosevelt, lui, aurait été incapable de commander un plat dans un restaurant français. C’était elle le cerveau. Et c’était elle qui se préoccupait réellement des gens. Elle était très active. Une femme admirable.

AG : Certains disent qu’il faudrait un nouveau « New Deal » pour relancer l’économie ? Ca veut dire quoi ?

GV : On n’a pas besoin d’une répétition du « New Deal » original. Mais si nous avions quelque chose de semblable, il faudrait deux générations pour réparer les dégâts de Bush et compagnie. Il y a eu trop de dégâts. Regardez l’état de la Justice. Regardez tous ces juges qu’ils ont nommés. Le 11 septembre fut le prétexte pour renverser le gouvernement des Etats-Unis, et il fut renversé.

Quelqu’un a protesté ? La première protestation fut Perpetual War for Perpetual Peace. Je l’ai écrit parce que j’avais 70 ans et que je n’avais pas envie de me lancer dans la rédaction de tout un tas de livres politiques, mais je n’avais pas le choix. Alors j’ai écrit le premier pour tenter d’expliquer qui était l’ennemi. Chaque fois que j’entends « Islam » ou « le terrorisme nous menace » …

AG : …ou « islamo-fascistes » ?

GV : Islamo-fasciste, ça ne veut rien dire. Comment peut-on être fasciste si on n’est pas italien ? Les personnes les plus stupides que je n’ai jamais vus sont au pouvoir depuis dix ans. Ils ne connaissent rien. Et vous pouvez le constater lorsque Bush tente de lire ses notes « et bien, nous voulons protéger les Grécquiens (erreur volontaire – NDT), non, non, je voulais dire les Turcs ». Bla, bla, bla. Le jour où il n’y aura plus d’imbéciles aux Etats-Unis, c’est que le pays n’existera plus.

(…)

Traduction VD pour le Grand Soir

article original
http://www.informationclearinghouse...20 mai 2008 [modération : adresse introuvable]
[/size]
« Modifié: 04 Mai 2011 à 00:03:52 par katchina »
IP archivée
Sauvons la planète, notre Mère la Terre...
Sans elle pas de survie possible.

Paulo

  • ***
  • Hors ligne Hors ligne
  • Sexe: Homme
  • Messages: 2603
Re : Interview de Gore Vidal
« Réponse #1 le: 22 Mai 2008 à 15:37:51 »

Citer
« Eh bien, Aristote, ou plutôt l’histoire, nous montre que chaque république de cette nature échoue à cause de la corruption des gens. » Puis il est parti.

En règle générale je suis assez pessimiste en ce qui concerne l'avenir de la démocratie en général, plus ça va et plus on entre dans une confusion des idées qui atteindra fatalement un certain point de non retour, le tout aggravé par des nations occidentales qui perdent peu à peu leur cohérence et où on remet en question de plus en plus les inconscients collectifs, voir même dans certains cas on les insultes. Pire encore on assiste à un brassage dangereux des civilisations antagonistes entres elles comportant chaque une une bonne dose d'esprit d'abstraction et sa part d'aliénation.

Bref un sacré cocktail en perspective !

Il n'est pas dit que notre génération ne connaisse pas dans les années à venir une guerre mondiale qui embrasera le monde dans les mêmes dimensions que la seconde guerre sauf que celle-ci sera d'avantage civile, ce qui est bien pire.

J'entends des échos ça et là, et je me dis qu'il y a bien trop de gens qui pour une raison ou une autre ont des compte à régler ou une revanche à prendre.
IP archivée
Comme d'habitude, si vous même ou vos collaborateurs étaient capturés ou tués, le Département d'État niera vous avoir donné un conseil aussi con.
...Cette bande s'auto détruira dans les 5 secondes !

Tartar

  • **
  • Hors ligne Hors ligne
  • Messages: 1354
Re : Interview de Gore Vidal
« Réponse #2 le: 22 Mai 2008 à 17:53:50 »

Les USA sont en mauvaise posture.
Echec et honte....mènent à la recherche du chaos pour masquer la chute.

Les USA seront-ils le prochain colosse à s’effondrer ?
21 mai 2008

Les craquements de l’économie américaine sont-ils passagers ou au contraire révélateurs de maux plus profonds ? Les empires, même à leurs apogée, ont toujours connu des augures de sombres lendemains croyant déceler les signes d’une agonie au coeur de l’opulence. Kevin Philipps s’interroge sur le futur du colosse américain à la lumière des antécédents historiques et pointe les similitudes entre la situation actuelle des USA et celle précédant l’échec des puissances déchues.

 
Par Kevin Phillips, Washington Post, 18 mai 2008

En août dernier, lorsque la panique naissait au sujet les prêts hypothécaires, Alan Greenspan, s’était voulu rassurant pour une opinion publique troublée. L’ancien président de la banque centrale américaine avait alors déclaré que cette crise ressemblait fortement aux brefs soubresauts financiers de la crise de la dette Russe de 1998 ou du krach boursier aux États-Unis de 1987. Rien d’inquiétant, donc.

Pourtant, dans les soubassements de l’économie on pouvait déjà percevoir les craquements, les tremblements provoqués par la collision de plaques tectoniques. Neuf mois plus tard, les analogies de Greenspan qui se voulaient apaisantes ne parviennent plus à convaincre. L’économie américaine est confrontée à des niveaux d’endettement sans précédent, une flambée du prix des produits de base et une chute de l’immobilier, sans même mentionner la faiblesse du dollar. En dépit de la récente stabilisation de la situation économique, certains économistes craignent que le monde ne doive faire face prochainement à la plus grande crise financière depuis les années 1930.

Cette analogie est pourtant loin d’être parfaite. La probabilité que nous vivions un enchaînement d’évènements semblable à celui de la Grande Dépression est très faible. Le marché boursier avait alors perdu 80%, le taux chômage atteignait 25%, et les Grandes Plaines s’étaient transformées en une région aride et poussiéreuse, forçant des centaines de milliers de d’ouvriers agricoles à fuir en Californie. Mais les Américains devraient pourtant craindre que les troubles actuels ne soient annonciateurs de bouleversements mondiaux à l’image de ceux qui ont renversé les grandes puissances économiques précédentes, à commencer par la Grande-Bretagne.

Plus de 80% des Américains déclarent aujourd’hui que le pays est sur une mauvaise voie, mais ils sont encore nombreux - si ce n’est la plupart - a continuer de croire que les enseignements de l’histoire des autres nations ne sont pas pertinents, que le cas des États-Unis est unique, et qu’ils sont choisis par Dieu. Il en a été de même pour toutes les anciennes grandes puissances économiques : Rome, l’Espagne, les Pays-Bas (dans le domaine maritime durant leur période glorieuse du 17ème siècle, lorsque New York s’appelait New Amsterdam) et pour la Grande Bretagne au 19e siècle. La force initiale de ces empires s’est aussi avérée être plus tard leur faiblesse, ce qui n’est pas sans rappeler la situation que vivent les États-Unis depuis les années 1980.

Il existe une littérature considérable qui traite de ces précédents, de leurs illusions de puissance et de leur déclin. Ces textes nous disent que l’Espagne impériale, l’empire maritime des Pays-Bas, et la puissance industrielle de la Grande Bretagne avaient en commun bon nombre de vulnérabilités durant leur ascension puis leur chute : ils avaient en partage le sentiment de n’être plus sur la bonne voie, une religion intolérante et missionnaire, un empire devenu trop vaste pour leurs forces militaires, une monoculture économique, un essor de la finance (provoquant la délocalisation de l’industrie) et enfin une dette excessive. Il en va de même aujourd’hui aux États-Unis.

Avant de poursuivre ce parallèle avec les États-Unis d’aujourd’hui, il convient de répondre aux sceptiques qui ne manqueront pas de nous rappeler que chacune de ces nations avait ses propres prophètes de malheur, dont les avertissements, s’ils se sont avérés justifiés sur le long terme, n’en avaient pas moins été lancés de façon prématurée. En Grande-Bretagne, par exemple, ces augures s’étaient inquiétés dès les années 1860 de voir le pays prendre le chemin des Pays-Bas, et ces appréhensions sont réapparues dans les années 1890, lors de l’émergence de concurrents industriels tels que l’Allemagne et les États-Unis. Dans les années 1940, ces prévisions ont fini par se réaliser, mais de fait les critiques des années 1860 et 1890 étaient venues bien trop tôt.

De telles craintes, prématurées, ont aussi vu le jour aux États-Unis. Les décennies suivant l’élection de 1968 ont été marquées par l’apparition d’appréhensions. A l’époque, l’hégémonie mondiale gagnée par les États-Unis après la Seconde Guerre mondiale était considérée comme menacée. La première de ces périodes de remise en cause, en 1968-72, constatait le mélange délétère des effets du commerce mondial, des crises monétaires et de la faillite de la politique étrangère américaine en Asie du Sud-Est. Parurent alors des ouvrages portant des titres tels que « Retreat From Empire ? » et « The End of American Era ». Ce malaise s’est encore renforcé par la suite après l’affaire du Watergate et la chute de Saigon. La troisième phase a pris place à la fin des années 1980, lorsque la résurgence du Japon semblait remettre en cause la prééminence américaine dans le secteur industriel, voire même celui de la finance. En 1991, le candidat à l’investiture Démocrate pour la présidentielle Paul Tsongas croyait pouvoir déclarer « la guerre froide est terminée.... l’Allemagne et le Japon ont gagné. » Ce n’était pas tout à fait le cas.

Aujourd’hui en 2008, nous pouvons à notre tour faire état d’une décennie de tous les dangers, marquée par la folie Internet des années 1997-2000 qui s’est transformée en une bulle puis en krach boursier, le 11 septembre 2001, les attaques terroristes, la démesure impériale de l’administration Bush et l’invasion de l’Irak en 2003. Vinrent ensuite l’abandon par l’OPEP de la fourchette maintenant le prix du pétrole à 22 - 28 dollars, le coût du baril dépassant les 100 dollars en cinq ans ; l’effondrement global du statut des États-Unis pour cause de la guerre en Irak, l’implosion du marché américain de l’immobilier et de la bulle du crédit, et une baisse du dollar face à l’euro de près de 50% depuis 2002. Nul doute q’une crise financière mondiale ne soit dans l’air.

On ne peut écarter la perspective dérangeante qu’une nouvelle crise mondiale imminente pourrait transformer le demi-siècle allant des années 1970 aux années 2020 en un équivalent pour les États-Unis de ce que la période précédent 1950 avait été pour la Grande-Bretagne. Il pourrait bien s’agir du « Big One », marquant la dernière phase de l’ascension des USA. L’histoire récente, faite de quatre décennies de soubresauts préalables trouverait alors son sens dans cette infortunée conclusion.

Le parallèle le plus marquant entre notre situation et les échecs des anciennes puissances est celui de la dangereuse dépendance des États-Unis à l’égard de son secteur financier, devenu le moteur de la croissance. Au 18ème siècle, les Hollandais avaient cru qu’ils pourraient compenser le déclin de l’industrie et du commerce par de grands programmes de prêts aux nations étrangères et aux souverains. Mais la série d’incidents et de faillites survenus aux Pays-Bas durant les années 1760 et 1770 a paralysé l’économie. Dans la Grande-Bretagne du début des années 1900, un ministre s’inquiétait que l’on ne puisse prospérer en « amassant des titres d’investissement », affirmant que « la banque n’est pas le créateur de notre prospérité, mais le résultat de celle-ci. » À la fin des années 1940, l’endettement né lors des deux guerres mondiales lui a donné raison, et le leadership économique mondial de la Grande Bretagne appartient désormais au passé.

Aux États-Unis, la part du PIB du secteur des services financiers a dépassé celle de l’industrie au milieu des années 1990. Mais l’enthousiasme pour le marché semble avoir bloqué tout débat quant à cette évolution inquiétante. Dans les années 1970, l’industrie représentait 25% du PIB et les services financiers à peine 12%, mais en 2003-06, le secteur de la finance pesait 20-21%, et l’industrie en était réduite à 12%.

Le problème tient au fait que les quatre ou cinq points de PIB gagné par le secteur de la finance durant les années 1990 et 2000 sont dus à des pratiques contestables : le boom de prêts immobiliers exotiques, la titrisation pour le moins téméraire des prêts, ainsi que d’autres innovations qu’il eut été préférable de laisser aux casinos. Cette industrie du crédit devenue folle a fourni le lubrifiant de la croissance. Entre 1987 et 2007, la dette totale aux États-Unis est passée de 11 000 milliards à 48 000 milliards, et c’est la dette du secteur financier qui a mené la danse.

Washington a regardé avec bienveillance le secteur financier durant les années 1980 et 1990, lui procurant sans fin flux de liquidité et renflouements. De façon inexcusable, les acteurs tels que Greenspan, Robert Rubin, ancien secrétaire au Trésor et l’actuel secrétaire Henry Paulson ont refusé de réglementer l’industrie. Tous semblaient faire bon accueil aux bulles d’actifs ; Ils imaginaient sans doute que la finance allait être le nouveau secteur dominant de l’activité économique, tout comme l’industrie avait remplacé l’agriculture à la fin du 19ème siècle. Mais qui pourrait croire sérieusement que la prochaine grande puissance économique - Chine, Inde, Brésil - ait un PIB dominé par la finance ?

Par la grâce d’un secteur financier surdimensionné les États-Unis de 2008 sont devenus le premier débiteur au monde, connaissent - et de loin - le plus grand déficit de la balance des paiements et sont devenus le principal importateur, à grands frais, de produits manufacturés et de pétrole. Si le monde subit prochainement la plus grande crise financière depuis les années 1930, les dommages potentiels sont incalculables. La perte du leadership économique mondial qu’ont connu la Grande-Bretagne et les Pays-Bas semble être la menace qui pointe à notre propre horizon.

Kevin Phillips a publié récemment « Money : Reckless Finance, Failed Politics, and the Global Crisis of American Capitalism. »


--------------------------------------------------------------------------------


IN:
http://www.contreinfo.info/article.php3?id_article=2000
IP archivée
Tout envisager, ne rien croire.

jo

  • ****
  • Hors ligne Hors ligne
  • Messages: 395
Re : Interview de Gore Vidal
« Réponse #3 le: 22 Mai 2008 à 18:23:34 »

Il y a-t-il une connexion entre Gore Vidal et l'ufologie ou Projet Camelot ? (J'ai lu le post en diagonal)
IP archivée

Diouf

  • *
  • Hors ligne Hors ligne
  • Messages: 4878
Re : Interview de Gore Vidal
« Réponse #4 le: 22 Mai 2008 à 21:28:02 »

Mais Difficultnspa, tu l'as pas mis en double ton article? regarde, à partir du 2ème '' RETRANCIPTION'' c'est rediff !

C'est vrai que tout le fil serait mieux dans ''Médias''
 :)
IP archivée

dificultnspa

  • Administrateur
  • *******
  • Hors ligne Hors ligne
  • Messages: 4285
Re : Interview de Gore Vidal
« Réponse #5 le: 23 Mai 2008 à 08:13:47 »



 :D

C'est vrai qu'il est en double...

J'ai du faire un ctrl V de trop...

C'est vrai que ce personnage n'a rien a voir avec Project Camelot, mais il a bien sa place dans Portrait.

De plus il y a certains des personnages cités dans cette interview qui ont surement un rapport avec le project Camelot, eux...

Alors s'il faut le déplacer, qu'on le fasse, ca ne me gêne pas, mais je pense qu'il a malgré tout sa place ici. Et si un modérateur peux enlever le texte en double ce serait cool..

Merci d'avance, et courage pour ceux qui ne l'ont pas lu, elle est vraiment intéressante cette interview d'un américain sur le sort de l'amérique...
IP archivée
Sauvons la planète, notre Mère la Terre...
Sans elle pas de survie possible.

Diouf

  • *
  • Hors ligne Hors ligne
  • Messages: 4878
Re : Re : Interview de Gore Vidal
« Réponse #6 le: 23 Mai 2008 à 09:08:59 »

C'est vrai que ce personnage n'a rien a voir avec Project Camelot, mais il a bien sa place dans Portrait.

Permets moi de pas être d'accord. J'ai lu ton post et les réponses de Tartar et Paulo et tout cela pour moi, c'est de l'histoire politique d'un certain genre qui n'est pas celui des portraits de Camelot. mais, bon, c'est une compréhension personnelle des choses. subjectif donc.

Citer
. Et si un modérateur peux enlever le texte en double ce serait cool..

Mais ça, tu peux le faire toi même, avec clic sur ' modifier' c'est pas difficult, Dificultnspa ! :)
IP archivée

dificultnspa

  • Administrateur
  • *******
  • Hors ligne Hors ligne
  • Messages: 4285
Re : Interview de Gore Vidal
« Réponse #7 le: 23 Mai 2008 à 09:24:33 »

 ;)

Je n'avais pas spécialement associé le mot "portrait" avec "camelot"...  :-\

IP archivée
Sauvons la planète, notre Mère la Terre...
Sans elle pas de survie possible.

Diouf

  • *
  • Hors ligne Hors ligne
  • Messages: 4878
Re : Interview de Gore Vidal
« Réponse #8 le: 23 Mai 2008 à 11:23:44 »

Sous ' Portraits et Projet Camelot', c'est écrit:'' Acteurs et Témoins de l'Ufologie Américaine''
Bon, j'arrête d'en faire une tartine.

En tous cas, merci á toi Dificultnspa d'avoir raccourci ton texte ! ;)
Et voici son Wiki-Portrait: http://fr.wikipedia.org/wiki/Gore_Vidal
« Modifié: 23 Mai 2008 à 12:23:20 par Diouf »
IP archivée