Marie-Thérèse de Brosses nous offre l'avantage de publier ses notes personnelles, d'une conférence à New York - "Science & the Inner Experience" - où Edgar Mitchell s'exprimait déjà le 4 décembre 1991 sur le sujet des Ovnis. La conférence était sponsorisée par les Amis de L'Institut des Sciences Noétiques.
Question de Masahiro Kahata: Pourquoi le gouvernement cache t-il les informations sur les OVNIS?
[justify]Edgar Mitchell : Je dois vous dire que pendant des années j'ai été aussi sceptique que tout un chacun, adoptant l'attitude "attendre et voir" vis à vis du sujet Ovni. J'avais pourtant fréquenté le Professeur Allen Hynek pendant près de vingt ans. Je l'admirais beaucoup et j'ai souvent conversé avec lui.
Mais la preuve que des Ovnis nous rendent visite n’était pas encore pour moi si établie qu’on puisse s’exclamer : “Oui c’est du solide !“ J’ai révisé ma position - il y a deux ans précisément - parce que la preuve était devenue suffisamment évidente, pour suggérer que nous devrions commencer à en discuter sérieusement, et inciter les gouvernements à publier les informations qu’ils détiennent afin qu’elles intègrent officiellement le domaine de nos connaissances.
Je réponds maintenant à votre question : Ou nous sommes dans l’erreur et il n’y a rien à cacher, ce que je ne crois plus personnellement - quoique j’aie pu penser autrefois - ou bien, comme c’est plus probable, l’incident de base de l’ufologie, le crash de Roswell au Nouveau-Mexique (ma ville natale), a bien eu lieu.
C’était juste après la 2ème Guerre mondiale, et nous pouvions à l’époque saisir l’occasion de déclarer avec raison : “Nous ne savons pas si c’est soviétique ou si c’est un engin d’une puissance étrangère dont la technologie est plus avancée, ou si c’est encore autre chose.”
Nous sortions juste d’une guerre et il y avait donc de bonnes raisons pour justifier que tout ceci doive rester classé secret militaire, camouflé et protégé, etc…
Cependant l’habitude du secret s’est installée, et je me risque à dire que la protection de ces informations et leur classification à un tel niveau de sécurité a fini par sceller un cercle élitiste devenu un club de bons copains - ce que j’appellerais la mentalité Oliver North. En fait cette organisation particulière s’est perpétuée tout au long de ces 40 dernières années. On peut se demander comment quelque chose d’aussi puissant a pu rester si bien caché et gardé secret à ce point. Je n’y croyais pas trop, mais je pense que c’est la réalité.
Quelques-uns seulement d’entre vous ont entendu parler de Bob Lazar. Je l’ai personnellement interviewé à Las Vegas. Mr. Lazar est un physicien, vraisemblablement employé à Los Alamos puis sur un site très secret parmi les zones de tests dans le Nevada. Son expérience sur le terrain l’a conduit à révéler qu’il s’y trouve des engins à l’essai qui ressemblent à des soucoupes volantes. Il les a vus, testés en vol par un petit groupe très privilégié. Une partie de son travail consistait à rétroconcevoir le système de propulsion pour essayer de voir comment tout cela fonctionne. Ils y travaillent apparemment depuis 40 ans.
Maintenant si l’on en croit Lazar, et j’ai tendance à le croire car les autres preuves vont dans cette direction, toute son histoire, ses antécédents, sa vie, ont été effacés de tous les registres officiels; son cursus universitaire, même son embauche à Los Alamos, tout celà est nié par le gouvernement.
Mais un bon nombre de preuves sont ressorties, puisqu’il est dans l’annuaire du site de Los Alamos à l’époque ou il prétend s’y trouver; celà n’a pas été effacé. La presse a découvert un vieil annuaire qui confirme son histoire. On a aussi retrouvé un chèque émis par le service de renseignements de l’US Navy. C’est un bulletin de paye, qui a été obtenu grâce au Freedom of Information Act. Donc les pièces du puzzle tendent à confirmer son histoire.
En outre, tous les faits établis par la suite, les enfants du Commandant à Roswell, Jesse Marcel, contribuent à confirmer la plupart des évènements survenus à Roswell, sans oublier les autres témoins qui ont été harcelés et menacés de lourdes conséquences s’ils ne gardaient pas le silence.
Maintenant, une enquête sérieuse est nécessaire pour déterminer ce qui est vrai. Il y a beaucoup trop de fumée, qui suppose un feu quelque part. Donc j’ai pris la parole depuis deux ans. Je ne connais pas les réponses mais je me suis dit : c’est allé trop loin, s’il y a des éléments de vérité, il faut que ce soit rendu public. Brisons les chaines que la bureaucratie a mises en place. Il y a suffisamment de preuves que l’information nous est cachée. Mais je ne sais pas jusqu’où nous pouvons aller face à un tel secret.
J’aimerais maintenant vous parler de l’intelligence, de la part de l’intelligence dans l’Univers. Si notre conception du Big Bang est juste, il se serait produit il y a 18 milliards d’années environ, et nous comprenons que les systèmes solaires, les galaxies, les amas galactiques, ont traversé un certain nombre de cycles d’évolution avant de produire les molécules complexes nécessaires pour constituer nos corps et propager la vie sur cette planète.
Autrement dit, les êtres que nous sommes ne peuvent avoir évolué dés la création de l’univers, ça a pris un moment.
Nous connaissons a peu près le cycle de ces étoiles, dans notre Univers. Notre système solaire a environ 5 milliards d’années, ça représente en gros 1/3 de l’âge de l’Univers. Nous ne représentons qu’une génération dans l’évolution stellaire. Une autre civilisation peut très bien avoir 2 ou 3 milliards d’années de plus que la nôtre, ou même davantage. L’étendue de notre galaxie se compte en millions d’années-lumière, ça peut sembler assez vaste, mais dans l’ensemble c’est assez petit. Combien de temps faudrait-il à une civilisation qui aurait un milliard d’années d’avance sur nous pour avoir mené ses recherches ou systématiquement parcouru l’univers en tous sens, en essayant de découvrir d’autres êtres ?
Il y a déjà quelques années, le Programme SETI - Recherche de l’intelligence Extraterrestre - a lancé un projet de recherches. Frank Drake et ses collègues de la communauté scientifique se sont en quête de signes d’intelligence dans l’Univers, en utilisant des radios télescopes.
Ils n’ont encore rien trouvé mais le calcul avait montré qu’une civilisation déterminée à communiquer nécessiterait environ 500 millions d’années, en utilisant le modèle “en crabe”… Vous savez : on place une source ici, et ça se propage, à nouveau une source par là et ça continue, etc… Donc au total, il fallait compter 500 millions d’années pour traverser l’Univers.
Certains pourraient penser que ça prendrait beaucoup plus de temps. C’est une méthode plutôt efficace. Donc si une civilisation a deux milliards d’années d’avance sur nous, et que 500 millions d’années suffisent pour traverser l’Univers, il est concevable qu’ils nous aient déjà trouvés; et si ce n’est pas le cas, alors c’est peut-être nous qui les trouverons d’ici un autre million d’années. Mais contrairement à quelques théories antérieures sur notre réalité, je pense que la vie est omniprésente dans l’univers. L’intelligence, les ingrédients qui constituent la vie, le processus par lequel nous avons été créés, ce qui nous a produit, est un processus universel qui n’est pas limité à cette petite Terre.
Souvenez-vous de ce qui prévalait avant Copernic, quand le concept de base énonçait que la Terre occupe le centre de l’Univers. Elle était considérée comme le summum de la création divine, la seule et unique. C’est Copernic qui a causé la première brèche dans cette armure, quand il a sagement suggéré que la Terre n’était pas le centre de l’univers mais que c’était le Soleil. Ce ne fut pas publié de son vivant, parce que peu après lui d’autres comme Giordano Bruno ont été brulés pour avoir soutenu cette idée. Nous avons poussé un peu plus loin en découvrant que la Terre tournait autour du Soleil et que les astres ne tournaient pas autour de la Terre.
Il y a encore une vingtaine d’années, notre pensée scientifique moderne présumait que l’Univers était un fait du hasard, que nous sommes un accident. Pour certains savants, la Terre était le fruit du hasard; ils déclaraient que cette vie, si magnifique, et ce que nous sommes devenus - quoiqu’encore à un âge trop infantile pour avoir une perspective assez large - serait un processus si complexe et si organisé, pour un accident, qu’elle ne pourrait se produire qu’une seule fois.
Ils pensaient que notre présence dans tout cet Univers, survenue par hasard, ne pourrait probablement se produire de nouveau, comme un singe qui tape sur un clavier et crée le Larousse.
Je ne partage pas ce point de vue. Pour moi, le processus de l’Univers est un peu plus organisé que celà et je crois bien que la théorie moderne du chaos va nous aider à mieux comprendre. Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas cette théorie, elle a évolué dans la dernière décennie et suggère que plus nous observons les phénomènes soi-disant aléatoires, désorganisés…
Marie-Thérèse de Brosses ajoute : "Mitchell a continué, on lui a posé des questions sur les soit disants monuments de Cydonia sur Mars, et il a longuement parlé des théories de Zecharia Sitchin qu’il jugeait fort intéressantes, dignes d’être étudiées à fond pour savoir si elles pouvaient être validées." [/justify]