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Le parc naturel de Yellowstone aux Etats-Unis est un des endroits les plus magnifiques que la nature nous ait offert sur Terre. Il est particulièrement apprécié pour ses geysers, sa faune et sa flore, son relief saisissant. Ce que l’on sait moins, c’est que sous le parc dort un des volcans les plus dangereux de la planète. Qualifié de « supervolcan » en raison de sa taille monstrueuse, il entre en éruption à intervalles réguliers, semant la ruine et la désolation sur plusieurs milliers de kilomètres. Alors, à quand le réveil du supervolcan de Yellowstone ? Si cela devait être le cas à moyen terme ce bouleversement terrestre serait très certainement un épisode majeur dans l'Histoire de l'Humanité !Qui croireOn sait depuis peu que le sous-sol du parc de Yellowstone abrite une immense chambre magmatique, et que les éruptions du mégavolcan situé sous la surface se produisent tous les 600 000 ans. Or, la dernière éruption en date s’est produite il y a... 630 000 ans.
Le supervolcan de Yellowstone a donc virtuellement 30 000 ans de retard ! Doit-on en déduire qu’il puisse entrer en éruption d’un jour à l’autre ? C’est l’avis de plusieurs géologues, qui ont relevé divers indices d’une progression du magma vers la surface.
D’autres spécialistes éminents assurent au contraire que nous disposons d’un délai d’au moins 100 000 ans, voire d’un million d’années avant que le supervolcan ne se réveille. Alors qui croire, et que se passera t-il si le scénario catastrophe tant redouté devient réalité ?
Un « gonflement » du sol inquiétant...Comme nous l’avons annoncé en introduction, le parc de Yellowstone n’abrite pas un volcan « classique » formant une montagne en forme de cône, mais renferme en sous-sol un mégavolcan, le magma remontant à la surface par des cheminées creusées dans la terre. Il n’y a donc pas de cratère précis, mais une immense caldera qui n’a été repérée que par photo satellite, tant la chambre magmatique, située en moyenne à 7 kilomètres de profondeur, est immense.
Ainsi, le « cratère » du supervolcan de Yellowstone englobe quasiment tout le parc : il mesure 70 kilomètres de long sur 45 kilomètres de large, pour une épaisseur de 10 kilomètres ! Ces caractéristiques rendent encore plus difficiles les estimations concernant d’éventuelles éruptions, puisque tout se passe sous la surface. Les meilleurs indices de l’activité volcanique sont l’intensité des geysers, qui représentent en quelque sorte les « fuites » du mégavolcan, mais surtout... les brusques élévations du sol dans certaines zones du parc.
Ainsi au milieu de la caldera, le plancher s’est soulevé de 75 centimètres depuis la dernière étude géologique de 1923, un phénomène qui ne peut être engendré que par la poussée magmatique. Une des zones les plus inquiétantes est sans aucun doute située sous la surface du grand lac de Yellowstone : un vaste périmètre, vaste comme 7 terrains de football, s’est soulevé de plus de 30 mètres. Quant aux geysers du bassin Norris, les rangers qui gèrent l’accès du parc en ont barré l’accès en 2003 à une zone d’une cinquantaine de kilomètres est remontée de plus de 10 centimètres en quelques années... la température s’y est également accrue de 200 degrés !
Séismes : des signes avant- coureurs ?Chaque année, le parc de Yellowstone recense plusieurs centaines de secousses séismiques, la plupart sans réelle importance. Mais certains de ces séismes sont déclenchés par les gaz sous pression emprisonnés dans le magma très épais, ce qui les empêchent de remonter à la surface.
La fréquence de ces secousses peut donc se révéler être un indicateur pertinent de l’activité volcanique qui se trame sous la surface, car si le supervolcan devait exploser, c’est justement parce que la pression de ces gaz mêlés au magma serait trop forte.
En étudiant les secousses du sous-sol, les géologues peuvent donc mieux comprendre comment la caldeira évolue, et où les fractures deviennent problématiques. Or en 2003 et 2004, le nombre de séismes ainsi que leur intensité est en augmentation : les géologues ont même enregistré les plus fortes secousses depuis 40 ans...
En avril 2004, plus de 400 tremblements de terre ont ainsi été recensés sur une période de 3 jours, dont 200 pour le seul jour du 14 avril... En juin 2005, c’est un séisme de magnitude 7 sur l’échelle de Richter qui a été détecté. Les animaux du parc de Yellowstone n’ont pas attendu plus longtemps pour déserter ces zones soumises à des tremblements de terre ou à des surélévations du sol, indice supplémentaire que quelque chose est sur le point de se produire.
Une catastrophe apocalyptique et mondialeLes conséquences engendrées par le réveil d’un volcan sont déjà spectaculaires ; nous avons tous eu l’occasion de contempler ces images d’une lave en furie dévastant tout sur son passage, et du gros champignon de roches et de poussières expulsées au-dessus de la gueule du cratère. Parfois, des villes entières sont détruites. Mais l’explosion d’un mégavolcan est capable de modifier le visage de la planète entière ; certains sont même à l’origine d’extinction massive d’espèces !
Les scientifiques qualifient ce genre d’éruptions de « méga-colossales » : dans le rayon le plus proche de l’explosion, toute forme de vie serait détruite. Mais c’est par la suite tout le continent américain, puis le reste du monde, qui seront touchés par une pluie acide provenant des monstrueux nuages de cendres volcaniques crachés par la caldeira de Yellowstone. Selon les premières estimations, la totalité du territoire des Etats-Unis serait recouvert de plus d’un mètre de cendres ! Autant dire un « black-out » général, avec rupture massive et immédiate de tous les moyens de communication, les transports, les entreprises et l’ensemble des appareils électriques pour une période indéterminée.
Le climat serait bien entendu complètement perturbé par un tel événement, et les scientifiques n’excluent pas le risque d’un hiver volcanique (équivalent d’un hiver nucléaire) dû à l’incroyable épaisseur de la cendre dispersée dans la haute atmosphère. La température mondiale subirait un refroidissement global de 5 à 20 degrés Celsius pendant plusieurs années !
L’espèce humaine en danger ?Comme nous venons de le voir, l’explosion du supervolcan de Yellowstone provoquerait des dégâts titanesques et plusieurs centaines de milliers (millions ?) de morts dans les minutes suivant l’éruption. Mais sur le long terme, les survivants seraient tout autant menacés de disparaître, étant donné les ravages de la cendre sur la faune, la flore, et sur l’homme.
L’agriculture deviendrait presque impossible, les gens développeraient de nombreuses maladies respiratoires (microscopiques, les particules de cendre s’inhalent malgré les protections et sont très corrosives), de nombreuses espèces animales s’éteindraient, sur terre comme dans les océans.
L’hiver volcanique rendrait polaires des pays comme l’Angleterre ou la Scandinavie, pendant que des tornades, des tempêtes de neige et des pluies de cendres s’abattraient durant des années durant sur l’Europe. L’Homme parviendrait-il à survivre dans ces conditions ? En fait, tout porte à croire que l’éruption d’un mégavolcan a déjà failli par le passé éradiquer l’ensemble de l’espèce humaine...
En effet, les biologistes ont constaté une réduction dramatique de la population due à un événement survenu il y a environ 75 000 ans. Or c’est à cette date qu’eu lieu l’explosion du supervolcan Toba à Sumatra en Indonésie (Voir notre encadré sur les mégavolcans dans l’Histoire) ; après le cataclysme, les scientifiques estiment que l’espèce humaine, déjà forte à l’époque de plusieurs millions d’individus, ne comptait plus que... 5000 à 10 000 êtres humains !
Il est donc clairement établi que ce genre de catastrophe naturelle peut porter un coup fatal à de nombreuses espèces, y compris la nôtre ; en réalité, le seul bouleversement terrestre comparable à la puissance de l’explosion d’un mégavolcan est... l’impact d’un gigantesque astéroïde s’écrasant sur la planète.
L’homme impuissant face à ce cataclysmeQue peut-on faire face à cette menace qui peut s’avérer fatale pour l’Homme ?
De l’avis même des experts, pas grand chose... Dans l’incapacité de « prédire » une date précise pour l’éruption du supervolcan de Yellowstone, les géologues se bornent pour l’instant à affirmer que « la caldera de Yellowstone se réveillera un jour... », voilà la seule certitude. Ceux qui ont été spectateurs du « docu-drama » diffusé sur M6, et qui s’inspire largement de ce qui se passe à Yellowstone, peuvent d’ores et déjà) se faire une petite idée de la catastrophe.
Les autres peuvent toujours visionner le documentaire que la BBC a commandé dès 1999, qui s’intitule « Supervolcano » : on y apprend notamment que l’éruption d’un mégavolcan est équivalente à 10 000 bombes atomiques comme celle lancée sur Hiroshima chaque seconde pendant 2 semaines... Un cataclysme difficilement représentable pour l’imagination humaine, qui marquera profondément la civilisation.
Yellowstone en chiffres- Premier par naturel au monde crée en 1872
- Superficie de 900 000 hectares
- 300 geysers et 10 000 phénomènes géothermiques
- 1 éruption volcanique tous les 600 000 ans
- Méga-éruptions il y a 2,1 millions d’années, 1,3 millions d’années et 630 000 ans
Plus d’infos : Les supervolcans dans l’HistoireStatistiquement un volcan comme le St.Helens (à gauche et au centre), de classe VEI5, entre en éruption une fois par siècle et libère 1 km3 de cendres et de magma dans l'atmosphère : il libéra une énergie équivalente à 27000 fois celle de la bombe d'Hiroshima soit plus de 100 kT de TNT,A droite la caldera partiellement noyée du volcan de Santorin dans la mer Egée qui explosa en l'an 1650 av.JC. De classe VEI6 il produisit 30 km3 de matière volcanique et forma une colonne plinienne qui s'éleva à 36 km d'altitude !
En détruisant toute la ville et les alentours dans un rayon de 100 km il marqua probablement le déclin de l'Empire Crétois. l y a 3650 ans à Santorin, à l'apogée de la civilisation Crétoise, la puissance du volcan s'est soudainement accrue. Au lieu d'entrer gentillement en éruption en crachant beaucoup de fumée, cette fois d'immenses blocs d'environ 2 mètres de diamètre ont été propulsés hors du volcan jusqu'à 7 km d'altitude et se sont écrasés sur le sol.
Pour atteindre cette altitude, leur vitesse dû atteindre plusieurs centaines de mètres par seconde, environ 1000 km/h ! A cette vitesse, les impacts devaient être catastrophiques et inimaginables.
En 1950, le petit volcan qui s'est reformé au centre entra à nouveau en éruption. Il existe à Sumatra un super volcan aujourd'hui situé au centre d'un lac baptisé Toba. Personne ne fut témoin de son éruption qui se produisit voici 74000 ans. La super éruption du Toba survenue voici 74000 ans donna naissance à un lac dans la caldéra mesurant 100 km de longueur et 60 km de largeur. En deux mots, ce fut une explosion colossale dont les cendres ont été disséminées sur des milliers de kilomètres à la ronde.
On parle ici de quelque 3000 km3 de matière qui furent éjectés du volcan. Cela représente environ 10000 fois la taille de l'éruption du St.Helens en 1980 que l'on considère comme l'une des plus importantes éruptions à ce jour.
L'énergie libérée par la super éruption du Toba aurait été équivalente à 1 GT de TNT, soit environ 67000 fois la bombe d'Hiroshima. C'est une VEI 8 dix fois plus intense que le seuil minimum, produisant des effets similaires à celui de l'impact d'un astéroïde d'au moins 800 m de diamètre sur un sol granitique.
A 2500 km de Toba on retouve dans le fond des océans une couche de cendre épaisse de 35 cm qui s'est déposée juste après l'éruption. Elle révèle que Toba provoqua un événement super volcanique d'une puissance bien supérieure à toutes les autres éruptions volcaniques connues jusqu'à aujourd'hui. L'analyse des cendres révéla que l'éruption fut riche en soufre et aurait libérée une énorme quantité de dioxyde de soufre et d'autres gaz jusqu'à la stratosphère, d'où ils seraient retombés sous forme d'aérosols composés d'acide sulfurique, affectant le climat de la Terre durant des années.
Classification des éruptionsChaque année, une cinquantaine de volcans entre en éruption, la plupart du temps sans conséquences majeures, parfois de manière totalement inaperçue. Pour quantifier ces éruptions en fonction de leur importance et de leur dangerosité, les vulcanologues ont mis au point une échelle de valeur très précise : le VEI pour Volcanic Explosivity Index.
VEI taille du cratère Volume des débris éjectés Périodicité Exemple
0 inexistant < 100 m3 1000s m3 journalier Kilauea
1 faible 100-1000 m 10 000s m3 journalier Stromboli
2 important 1-5 km 1,000,000s m3 chaque semaine Galeras
3 très important 3-15 km 10,000,000s m3 chaque année Ruiz
4 cataclysmique 10-25 km 100,000,000s m3 tous les 10 ans Galunggung,
5 paroxysmique >25 km 1 km3 tous les 100 ans St. Helens
6 colossal >25 km 10s km3 tous les 100 ans Krakatau
7 supercolossal >25 km 100s km3 tous les 1000 ans Tambora
8 megacolossal >25 km 1,000s km3 tous les 10 000 à 100 000 ans Yellowstone[/justify]
Source:
http://www.mondeinconnu.com/dossiers/archive/terre-et-climat/supervolcan-yellowstone/8/