Autres articlesL'espace est l'avenir de l'humanité, selon le président du CnesDe Boris CAMBRELENG (AFP) – Il y a 3 jours
PARIS — L'espace sera dans les années à venir omniprésent dans la vie des citoyens et des Etats, tandis que l'observation de la Terre deviendra l'indispensable garant de l'avenir de l'humanité, a déclaré à l'AFP le président du Centre national d'études spatiales (Cnes) Yannick d'Escatha.
"L'espace est l'avenir de l'humanité parce qu'il sera indispensable pour garder la Terre habitable. Notre vision à 10 ou 20 ans, ce sont des constellations de satellites en orbite de la Terre qui seront nos anges gardiens", a dit M. d'Escatha, nommé mercredi en Conseil des ministres à la tête du Cnes pour un troisième mandat de 5 ans.
"Avec des capteurs, ces satellites nous renseignent sur l'évolution de notre planète. Grâce à des observations et à des mesures, ils nous permettent de la comprendre, de modéliser, de prévoir, de prévenir, de gérer les ressources, le changement climatique", détaille le patron de l'agence spatiale française.
Selon lui, la tendance est à un "fort développement du secteur spatial, avec une croissance tirée par les applications et les services à valeur ajoutée".
Les "progrès fulgurants accomplis depuis dix ans" dans la géolocalisation et la surveillance de l'environnement, par exemple, ont permis de satisfaire de nouveaux besoins viables économiquement, notamment grâce à l'internet et aux téléphones portables.
Aujourd'hui, "les engagements internationaux doivent être contrôlés" par des satellites, seuls à même de mesurer les quantités de CO2 à l'échelle mondiale. Le Cnes a un projet en ce sens intitulé Microcarb.
Dans un autre domaine, les satellites fourniront bientôt du très haut débit à usage militaire mais aussi civil pour l'accès à l'internet ou à la télévision numérique dans les zones peu denses où l'acheminement de la fibre optique reviendra trop cher.
"Toute notre vie va dépendre des outils spatiaux. L'Etat en dépendra comme c'est déjà le cas de l'autre côté de l'Atlantique", estime M. d'Escatha.
Pour satisfaire toutes ces demandes, "il nous faut des nouveaux lanceurs bon marché, car on aura besoin de lancer de la façon la plus économique possible", poursuit le patron du Cnes. Ariane 6 (conçue notamment par le Cnes), qui doit être opérationnel en 2025, devra affronter des concurrents chinois et indiens.
M. d'Escatha souligne les convergences entre la nouvelle politique spatiale américaine et les priorités françaises. "Tout en maintenant l'exploration, M. Obama commence par l'exploration robotique, sa priorité devient l'exploration de la Terre, il recentre la Nasa comme une agence d'innovation, et il développe un nouveau lanceur. Cela fait quatre points communs".
La mission Exomars d'exploration robotique de la planète rouge, désormais américano-européenne, en est une illustration.
Le patron du Cnes se félicite aussi de la volonté du président américain d'élargir la coopération internationale aux programmes d'exploration spatiale. "Notre politique en France et en Europe, c'est que l'exploration est une nécessité inscrite au plus profond de la génétique humaine".
Pour Yannick d'Escatha, l'exploration appelle "une gouvernance à haut niveau politique qui rapproche les nations, à la place d'une course à l'espace qui les divise, les oppose".
En attendant, l'année 2010 s'annonce "particulièrement dense" avec 7 tirs d'Ariane, le premier lancement d'une fusée Soyouz depuis la Guyane, ceux de plusieurs instruments dont les satellites Picard, dédié à l'observation du soleil, et Mégha-tropiques, une collaboration franco-indienne pour la recherche atmosphérique, l'altimètre océanographique Altika ou encore un nouvel Argos.
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